Sois heureux un instant
Cet instant c’est toute ta vie*
Avoir le sentiment
Des hommes sans patrie
Avoir le sentiment
Des hommes sans patrie
Que rien ne dure vraiment
Dans un monde trop petit
Croiser des chemins
Et des sens interdits
L’amour n’a pas de fin
C’est une étoile qui luit
Tout prendre tout donner
Des choses de la vie
Ce qu’il faut pour exister
Sans mourir d’ennui
Revisiter les pages
Écrites des érudits
Coller aux visages
Les rêves de ses nuits
Exige ta liberté
Comme l’air que tu respires
Si tu veux t’éclater
Malgré les procédures
Ne renonce jamais
À ta vision du futur
Fièvre instantanée
D’un monde de dorures
Le soleil qui se lève
La neige le frimât
La réalité comme le rêve
Marchent du même pas
Un enfant qui vagit
Un vieillard qui expire
C’est la vie qui fait son lit
Cueillir de ses mains
Le temps et l’espace
Courir en vain
Derrière le temps qui passe
Un regard qui déforme l’air
Un sourire qui désarme
Maudit sois le malheur
Et la raison des armes
Quand tu vois
Pour que dalle pour rien
Se former les convois
Aboyer les chiens
Quand les mots tuent
Autant que les balles
Quand rugit le rire
D’une foule sans visage
Sombrer dans le délire
Et déclencher les orages
Quand tu seras surpris
Par les fantômes du grand vide
Pousseront tes cheveux gris
Et se creuseront tes rides
vivre par procuration
Le fond de tes envies
Ton intime conviction
N’aura pas de prix
Quand tu voudras suivre
Ces vies qui rament
À mourir de vivre
De la groseille d’âme
Quand abandonné
De tout ton corps
Ce feu brûler
Le fil de tes aurores
Que rien ne change
Sous les latitudes
Ou dans les franges
De la servitude
*MIS EN MUSIQUE
- *le refrain est pris d’un poéme d’OMAR KHAYAM